•  

    Je ne suis pas montée dans le bon train,

    Celui qui, rutilant, semble une fusée posée sur des rails,

    Celui qui traverse la France du Nord au Sud

    Sans toux ni crachotements,

    Déterminé à suivre une belle voie bien tracée

    Que les monts aplanis ne ralentissent jamais...

     

    Je suis montée dans un peit train

    Qui tousse et s'enrhume,

    Celui qui peine dans les moindres côtes,

    Dominant les douces vallées qui semblent précipices,

    Trembant sur des viaducs étroits,

    Se perdant sous des tunnels sombres,

    S'arrêtant en toutes gares lilliputiennes

    Où le chef gonfle ses joues dans un sifflet d'enfant...

     

     

    Cahin-caha,mon petit train avance sans fierté

    Mais avec un courage têtu,

    Et, s'il fait semblant de s'arrêter,

    C'est pour me faire admirer le paysage,

    Et, s'il fait semblant de s'essouffler,

    C'est pour prolonger mon voyage...

     

    le 7 janvier 2016

    La poésie de Genevièverain de la vie


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  •  

     

    Ce qui se passera,

    Dans quelques jours,

    Ce qui se passera pour ce Noël,

    Comme toujours, toujours et partout :

    Des mets délicieux sur une table de fête

    Des lumières sur la ville,

    Des cadeaux somptueux...

     

    Je sais bien que dès aujourd'hui,

    Comme chaque année avant Noël,

    Je devrais acheter le sapin odorant,

    Décorer mes fenêtres,

    Cacher les cadeaux merveilleux...

     

    Où trouver la force dans mes bras épuisés

    Pour soulever les santons à genoux,

    Mettre Jésus sur la paille dorée,

    Accrocher les anges lumineux ,

    Allumer les guirlandes joyeuses ?

     

    Ce qui se passe, ce qui s'est passé cette année,

    C'est l'humble dénuement de la crèche,

    En mon cœur lourd, lourd

    Où retentit encore et encore le bruit des balles,

    Sur les trottoirs de Paris,

    En mon cœur lourd

    Qui n'entend pas frapper à sa fenêtre

    Le son assourdi de la fête...

     

     

    La poésie de Geneviève

    le 22 décembre 2015


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    Demain, on vend la maison :

    J'irai, le cœur serré mais bien déterminé,

    Au rebut de la déchetterie

    Jeter mon enfance et ma vie.

    J'emporterai mes dieux lares,

    Livres, photos, icônes colorées

    Et le vieil ours qui sait me consoler.

     

    Demain, on vend la maison :

    Les paupières fermées sur mon passé,

    Avec l'horloge silencieuse et les plats ébréchés,

    je jetterai joujoux cassés,

    Verroteries ternies,

    Et les robes de soie qui me firent danser.

     

    Demain, on vend la maison :

    Face au vide abyssal où je vais me lancer,

    Comme un chaton apeuré

    Qui ne sait pas descendre du poirier,

    Je prierai Madame la Lune

    De bien vouloir m'emporter.


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  •  

    Dans ma valise rouge,

    J'ai mis

    La lassitude des jours gris,

    Et la pluie sur les toits.

     

    Dans ma valise rouge,

    J'ai mis

    La tristesse des soirs

    Quand le courage s'éteint avant la nuit.

     

    Dans ma valise rouge,

    J'ai mis

    Les onguents, les sirops, les cachets

    Et l'ordonnance froissée .

     

    ------------------------

     

    De ma valise rouge,

    J'ai ôté

    Mes petites robes d'été,

    Les sandales légères.

     

    De ma valise rouge,

    J'ai ôté

    La chaleur de l'été

    Et les repas sur l'herbe douce.

     

    De ma valise rouge,

    J'ai ôté

    Balades et randonnées

    Et les photos de mon regard émerveillé.

     

    J'ai rangé ma valise au grenier,

    Mais dans mon logis retrouvé

    Se sont répandues de pièce en pièce,

    Comme un parfum fleuri et entêtant, 

    Force, vaillance, allégresse.

    Sous le souffle odorant

    Du bel été passé

    S'est ouvert mon petit carnet bleu

    Pour une longue liste de projets...

     

     

    la poésie de Geneviève.

    Le 28 septembre 2015


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  • «   Ses frères virent que leur père le préférait à eux tous. » 

     

    Dans leur cœur s'éleva une grande amertume :

    « En quoi sommes-nous moins dignes d'amour?

    Notre frère Joseph ne connaît

    Ni l'agnelage en la nuit ténébreuse

    Qui nous tire du sommeil en rougissant nos yeux,

    Ni les puits du désert où le troupeau repose,

    Ni le chemin des étoiles nombreuses . »

     

     

    « Il rapporta à leur père leurs dénigrements . »

     

    Médisance ou vérité, à tout âge,

    Sur la toile et dans les villages,

    Dans l'entreprise ou au lycée,

    Comment se lever le matin,

    La tête haute, le cœur léger,

    Si l'on doit affronter paroles ironiques, mépris

    Critiques, ragots et discrédits,

    Semés à toute volée en SMS ou photos truquées ?

     

    Pauvres ados fragilisés par une peste moderne

    Qui les enferme dans leur chambre

    Pour des heures de solitude morbide

    Bien qu'ils rêvent d'amour et d'amitié !

     

     

    «  Ils ne pouvaient plus lui parler amicalement . »

     

    Comme un couteau tranchant un fruit

    Dont le jus s'égoutte en perles de sang,

    Médisances et calomnies coupent net d'un rasoir aiguisé

    Parole, confiance et amitié.

     

    Seuls les chiens suivent les traces malodorantes des autres chiens.

     

    Poème inspiré par l'histoire de Joseph, Livre de la Genèse, chapître 4, où l'on voit que   jalousie et méchanceté sont délétères, mais le sont aussi vantardise et dédain. 

    1 août 2015,

    La poésie de Geneviève.


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