• Agnès Sorel

    Un jour,

    Je  partirai caresser d’un regard paisible

    Les anges de marbre aux ailes alourdies

    Qui veillent sur la belle Agnès, endormie

    Dans sa prison de pierre blanche.

     

    Devant ses cheveux couronnés et perlés,

    Devant le doux visage que nulle ombre ne voile,

    Devant le front bombé, jeune et lisse,

    Mélancolique et pensive,

    Je dirai à son oreille ourlée :

    Agnès adulée pour toujours, dites-moi :

    Où donc trouver l’amour ?

     

    Mes doigts s’arrêteront tout étonnés

    Sur les moutons bouclés qui veillent à ses pieds,

    N’ayant besoin d’aucun autre pacage.

    Je demanderai à ces sphinx accoudés :

    Dites-moi, vous qui semblez la protéger :

    Où donc  trouver la paix ?

     

    Devant les longues jambes

    Pour toujours sages et figées,

    Ces jambes qui , pourtant, ont tant dansé

    A la lueur des candélabres,

    Je demanderai dans l’ombre des voûtes sombres ,

    A voix basse et plaintive, dites-moi donc, la belle,

    Où est l’éternité ? 


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