• saison 2012-07

     

     
    DIMANCHE 01 JUILLET 2012, A 20:59
    LE PHARE DE CORDOUAN
     

     

     

    Il n'y a plus de gardien  au phare de Cordouan

    Pour veiller sur les vagues et le vent,

    Là où l'eau douce et l'eau salée

    Viennent lécher la pierre monumentale,

    En une danse fougueuse

    Et des étreintes dangereuses.

     

    Nul gardien aux yeux plissés

    Sur les brumeux horizons

    N'allumera les feux de poix,

    N'allumera les feux de bois,

    N'allumera les feux de goudron.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan

    Pour veiller sur les flots mugissants,

    Là où l'eau douce et l'eau salée

    Viennent hurler leur colère et leur joie.

     

    Adieu au Prince Noir,

    Adieu à Michel de Montaigne,

    Adieu à Louis de Foix.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan

    Pour veiller sur les écumes blanches.

    Nul gardien n'allumera jamais

    Les feux de lourds charbons,

    Les feux d'huile végétale,

    Les feux d'huile d'olive ou de colza.

     

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan :

    Nulle prière ne s'élèvera plus

    Dans l'église muette,

    Nul cantique ne résonnera plus

    Sur les pilastres sculptés

    Et les douces volutes.

    Nul psaume jamais plus ne glissera

    Sur les rinceaux à feuilles d'acanthe.

    L'église écoute les vagues rugissantes

    Et les voix ténébreuses des hydres monstrueuses

    A l'assaut des lanternes.

     

    Il n'y a plus personne à Cordouan,

    Dernier phare habité par de fiers gardiens.

    Ils n'allumeront plus le fanal sauveur

    Brûlant la graisse du blanc de baleines

    Que d'héroïques pêcheurs

    Chassaient de leur barque légère.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan :

    Sur l'estuaire dangereux

    En une valse lente,

    En étreinte mortelle,

    Flirtent les flots tendres et cruels.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan

    Pour veiller sur la pierre immergée

    Dans les gouffres effrayants.

    Nul n'écoutera plus d'une oreille attentive

    Le bruissement des vagues en un murmure las,

    Et nul ne guettera l'aube nouvelle

    Et la relève attendue.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan :

    Comme les algues malodorantes,

    Les vagues mugissantes, tout l'été déposeront

    Dans la forteresse royale,

    Des paquets de touristes vandales

    Gravant leur nom sur les pierres sculptées.

     

    Il n'y a plus de gardien à Cordouan

    Pour lire le ciel et les horizons bleus :

    Gardien, tu lis l'ondoyante litanie

    D'une inconnue sans ancre et sans esquif

    Qui te dit grand merci pour les marins sauvés .

     

     


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